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Interview Join da Tease

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Tu les as peut-être déjà croisés sur ta route, Join da Tease, “Rejoins le bordel, l’ambiance, mets-toi à l’aise” en argot, s’exprime à travers un mélange de Ska-Reggae-Dub-Rock-Expérimental explosif aux quatre coins de la France depuis quelques années maintenant. Toujours sur les routes, le groupe a sorti début 2014 son premier album, « Première Sommation », un bijou contestataire qui en plus d’un son ultra-énergique, limite festif, t’aide à faire le point sur l’état de santé actuel du monde dans lequel tu évolues chaque jour… Retour sur ma rencontre avec Taj, le chanteur du groupe, entre une compèt’ de surf et un concert au Soöruz, Lacanau.

Photographie ©Emilie MAGE_DSC_0652

Salut Taj, peux-tu nous dire comment a démarré l’histoire du groupe ?

Join da Tease est né dans une petite maison en banlieue parisienne. Au départ, c’était une rencontre de zikos aux influences complètement différentes qui se mélangeaient : du Hip-Hop à la Dub, en passant par le Reggae ou même le Rock… à peu près tout, et au but d’un an on était toujours un peu les mêmes zikos présents, avec vraiment en commun la passion du Reggae, donc on a décidé de monter une première tournée et de prendre la route… Et aujourd’hui ça fait presque six ans qu’on est ensemble.

Vous êtes super indépendants dans vos projets, ( pas de maison de disque, vous avez votre propre label… ), il était même question à une époque de distribuer votre musique directement sur clé USB, où en est ce projet ?

C’est toujours un projet, on a eu quelques galères avec notre développeur donc on l’a repensé et on attend d’avoir vraiment de quoi le « réaliser » à fond car c’est un truc que personne n’a fait ( à part simplement distribuer un album sur une clé USB, mais là il s’agit d’un concept avec un programme qui nous permettrait de nous passer de facebook ou autres, et ça c’est vraiment notre création, donc on préfère attendre de le faire bien ) , c’est vraiment novateur.

Votre album on peut l’acheter, concrètement ?

Oui en physique, ou sur Deezer, i-Tunes … ou en téléchargement illégal !!

Où peut-on se le procurer en physique ?

Pas en grande surface, c’est volontaire, on a eu une proposition de distribution nationale, mais ça ne nous intéressait pas tant que ça, car le message de l’album c’est un peu ça : ne peut-on pas se passer des gens comme ceux-là et agir en direct ? Que ce soit un gars qui vend ses tomates ou un artiste, c’est pareil, t’as des types qui, juste en distribuant le travail des autres, ils récupèrent 60% du tarif, du coup on s’est dit qu’on allait le faire nous-même.

OK. Vous avez monté il y a quelques temps de ça une sorte de « coloc’  » d’artistes, explique-nous un peu votre démarche ?

Déjà, on est sous un label associatif qu’on a créé, OSMOSE records, et a coloc’ existe depuis septembre 2013. On voulait arriver a créer un lieu qui puisse accueillir plein de trucs différents, de la résidence pour des artistes musiciens, qu’ils puissent venir répéter avant un album ou une tournée, créer tranquillement à la campagne. Au final on s’est installés tous les 7 là-dedans, mais on voulait un truc qui puisse également accueillir de la peinture, et tout ce qui est artiste indépendant.

On trouvait ça cool de prêter notre maison pendant qu’on est sur la route !

Peut-être que vous vous inspirez les uns les autres ?

On s’inspire, y’a de l’échange artistique, on fait venir par exemple des groupes de Punk chez nous, pourtant on ne joue pas du Punk mais on aime peut-être bien la philosophie …  y’a des échanges qui surprennent parfois les gens, et c’est enrichissant quoiqu’il arrive.

Photographie ©Emilie MAGE_DSC_0481

Vous êtes très proches des gens : vous défendez des causes qui nous concernent tous, vous jouez dans la rue, en prison.. Comment se déroulent ces concerts dans les établissements pénitentiaires ?

Super bien. En gros t’as complètement un autre regard sur ta musique, t’as pas le côté festif des concerts où ça crie au début avantmême que ça ait commencé, au début c’est un peu tendu, il faut 3-4 morceaux pour qu’ils sachent ce que tu as à transmettre, et quoi qu’il arrive eux ils vont pas trop se lâcher non plus, par contre c’est à la fin du concert que tu te rends compte que même le gars qui était fermé en apparence et qui faisait la gueule, il était en fait à fond dedans, c’est juste qu’il le montrait pas, et le mec il vient t’faire un câlin alors qu’il fait 120 kilos.. c’est pas le même rapport, y’a pas d’histoires de groupies ou quoi, mais c’est mortel, pour nous aussi c’était une bonne façon de nous renseigner sur la prison, comment les prisons françaises fonctionnent : ils ont pas de budget, ils sont beaucoup plus qu’ils ne devraient être dans ces prisons.. y’a plein de trucs qu’on a pu apprendre là-bas, qu’on ne peut pas apprendre dans les médias… ni par l’image qu’on a des prisons d’une manière générale.

Pour les visuels de votre album, vous avez collaboré avec Sampsa, un artiste finlandais, comment s’est passée la rencontre ?

A la base on ne voulait pas travailler avec un graphisme entièrement digital comme on voit tout le temps. On voulait tous y travailler ensemble, que tout le monde utilise ses mains, et c’était important d’avoir quelqu’un qui nous cadre, un « directeur artistique », quelqu’un qui « donne des ordres » et que nous soyons la « main d’oeuvre », et il se trouve que j’ai rencontré Sampsa avec qui on a vraiment accroché : lui il a accroché sur le message du groupe vis-a vis d’ Hadopi, car il a fait une campagne en Finlande pour changer la loi qui est l’équivalent d’ Hadopi là-bas, et ça a marché. Il a réussi à faire comprendre à une partie de la population que c’était important qu’il y ait d’autres manières de penser, pas que brider ou condamner ça.

Du coup on a travaillé avec lui pendant une quinzaine de jours, on a découpé des pochoirs, et la pochette de l’album en fait c’est un camion qu’on a peint qui fait 10m de long, et c’est juste la photo, y’a pas de travail dessus mis à part quelques écritures.

Photographie ©Emilie MAGE_DSC_0284

En vous suivant un peu sur les réseaux sociaux on a pu assister à votre voyage en Amérique Latine fin 2012, que cela vous a-t-il apporté, musicalement et humainement ?

On n’est pas tous partis en même temps.

Les deux qui sont partis l’an dernier avaient comme objectif de faire de la musique dans la rue, de vivoter de leur musique, ils ont rencontré des groupes là-bas avec qui ils ont joué, ils ont eu des connections avec des musiques qui étaient pas vraiment les mêmes, ils ont bien trippé à ce niveau-là…

Après pour le groupe c’était une pause. On aimait déjà bien la Salsa, le Ska, mais du coup ils ont plus poussé leurs connaissances, et ça a donné le titre Latina America. C’est le seul titre que « Jarhom » (saxophoniste du groupe) a écrit.

D’ailleurs les images du clip viennent en partie de leur voyage, mais aussi d’un pote qui a travaillé pendant un an là-bas.

Un petit mot pour la fin ?

Une pensée pour les intermittents qui sont un peu dans la merde en ce moment, même si nous on n’est pas des intermittents, on est des débrouillards, mais ce qui se passe pour eux c’est quand même grave… donc une pensée pour eux.

http://www.joindatease.com/ – http://www.osmoseshop.fr/fr/ – https://www.facebook.com/joindatease – http://inzestreet.fr/qui-est-sampsa/

Emilie



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